Au cœur du centre-ancien, la collégiale Notre-Dame veille sur Villefranche-de-Rouergue du haut de ses 58 mètres de hauteur. Joyau du patrimoine de l’Aveyron, cette grande église gothique est emblématique de la commune.

villefrance-rouergue-collegiale
Les Conteurs

Un édifice à l’Histoire tourmentée

300 ans, minimum ! C’est le temps qu’il aura fallu pour que ce géant de pierre atteigne ses 58 mètres actuels. Néanmoins, le projet des consuls de Villefranche-de-Rouergue était bien plus conséquent : 88 mètres. Cette hauteur aurait permis à la cité de dépasser symboliquement l’autre grand clocher de l’Aveyron, celui de la cathédrale Notre-Dame édifié par l’évêque de Rodez. 

Débuté quelques années après la fondation de la bastide par le comte de Toulouse, Alphonse de Poitiers, et le sénéchal Jean d’Arcis, au milieu du XIIIe siècle, le chantier fut successivement interrompu par des désaccords avec l’autorité épiscopale de Rodez, par la guerre de Cent Ans, par des épidémies, par des mésententes entre les consuls et par de mauvaises conditions climatiques. 

Visiter le monument

Classée au titre des « Monuments Historiques », la collégiale Notre-Dame se visite librement tous les jours de l’année. Elle est incluse dans le parcours de visite guidée du centre-ancien proposé par l’office de tourisme.

En juillet et août, prenez le temps de gravir les 163 marches du clocher pour atteindre la coursive surplombant la cité. Vous aurez une vue imprenable sur la nature environnante, la maison Dardenne, la fontaine horloge et les étals colorés du marché le jeudi matin, jour du marché. Votre découverte culturelle s’accompagnera des douces mélodies du carillon, un des plus beaux du sud-ouest de la France, avec ses 58 cloches.

Un cours d’architecture(s)

Bien que l’édifice semble à première vue assez homogène, il se compose en réalité de trois blocs bien distincts. Ces différences architecturales répondent à la longueur du chantier et à divers temps de construction, où les volontés des bâtisseurs n’étaient pas toujours les mêmes. 

La partie la plus ancienne est le chœur, pentagonal, avec ses grandes lancettes s’élevant jusqu’à la voûte. Deux des cinq vitraux furent offerts par le roi de France, Charles VII, au milieu du XVe siècle. Répondant aux préceptes du gothique rayonnant, issu d’Ile-de-France, cette partie s’oppose à la nef, plus vaste et massive, s’accordant avec les constructions méridionales plus sombres et défensives. 

La partie la plus récente se trouve au niveau du porche, caractéristique du gothique flamboyant. Relativement sobre, il recèle une multitude de petites sculptures. Des singes, des lapins et des hérissons ondulent sur des feuilles de chêne garnies de glands. L’arc en accolade de son portail renvoie aux décors de bougies et de flammes que l’on retrouve sur la grande baie sommitale. 

Un patrimoine mobilier d’exception

Le joyau de la collégiale Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue tient dans son ensemble de stalles, rare en région Occitanie. Réalisées dans la seconde moitié du XVe siècle, elles étaient réservées aux autorités civiles et religieuses de la ville, la population siégeant elle dans la nef. Ses décors flamboyants cachent des miséricordes tout à fait intrigantes. Des animaux, des créatures fantastiques, des expressions populaires et des scènes de vie courante renvoient à un idéal de pensée propre à la fin du Moyen Age. 

L’édifice peut également s’enorgueillir de posséder deux orgues, le majestueux orgue de tribune surmontant l’entrée et l’orgue de choeur dans une chapelle latérale. Dans le bras nord du transept, un médaillon en marbre représentant la Visitation est attribué à l’école de Pierre Puget, un des sculpteurs les plus influents du règne de Louis XIV. Occupant autrefois le chœur de la collégiale, la Vierge à l’Enfant en bois lamé d’argent est également une œuvre d’exception. Enfin, l’édifice abrite une représentation du Christ tout à fait symbolique, dont le premier coup d’œil risque de vous surprendre.

Ce contenu vous a été utile ?

Partager ce contenu