Je vous emmène à l’ouest de l’Aveyron pour mon baptême de vol en parapente sur les hauteurs du Lot ! Envolez-vous avec moi…

Les airs et moi, ça fait deux ! Plutôt proche de la terre, je me laisse tenter par ce vol en parapente proposé par Elisabeth et David. Tous les deux sont de grands passionnés de parapente et sont avides de faire découvrir les sensations que vivent chaque jour les oiseaux que l’on observe depuis le sol…

Jérôme Morel

On se donne rendez-vous par une belle après-midi de début juillet quelque part aux confins de notre bel Aveyron pour démarrer cette expérience !

Le saut de la mounine, un lieu de légende

Ce lieu-dit tient son nom d’une histoire sans âge qu’on raconte aux petits et aux grands : une jeune fille éprise d’un garçon se voit interdite de mariage avec son aimé par son père. Elle est fille du seigneur de Montbrun, lui n’est que simple roturier.

Avec l’aide d’un ermite vivant sur la falaise dominant le Lot aux côtés de sa guenon : sa mounine en occitan, ils mettent en place un stratagème pour faire dire “oui” au père colérique. La mounine sautera de la falaise vêtue d’une robe blanche comme la demoiselle pour donner l’illusion au père que sa fille se sera suicidée suite à ses nombreux refus d’épousailles. Pris d’une infinie tristesse, c’est lorsqu’il revoit sa fille (bien vivante) qu’il célèbre immédiatement les fiançailles !

Connaissant déjà bien cette légende, j’aimerais ne pas subir le même sort que la mounine !
Immédiatement David me rassure : il pratique son activité depuis des années, avant dans
les Alpes, et maîtrise parfaitement tout ce qui est à savoir pour un envol, et un vol, réussi.

On se prépare…

Bon et bien, plus qu’à s’équiper : baudrier, lanières, gros sac
à dos qui servira de siège en vol et surtout : un bon petit
casque !

On s’attache par le bien de mousquetons entre passagère et moniteur… Plus qu’à attendre que le vent se lève… Les feuilles des chênes en contrebas commencent à frétiller, c’est le moment !
On se tient prêts. La voile est impressionnante posée au sol avant le décollage, les suspentes sont bien droites et forment des lignes
colorées sur ce sol rocailleux du causse.

Le vent forcit : “regarde devant toi, marche d’un pas vif quand je te le dis.. C’est parti !” Je m’exécute, un cri marque nos pieds qui décolle
du sol, la voile nous porte et nous voici bientôt à 300 mètres au-dessus des méandres du Lot.

Quelle vue ! Quelle liberté ! C’est tellement impressionnant ce sentiment de voler dans le silence : nous sommes plus haut que les oiseaux eux-mêmes ! Sous mes pieds, j'aperçois même un milan…

Dans le ciel, avec les oiseaux…

Je n’ai plus aucune appréhension, je profite simplement. On discute avec David : il est équipé d’un micro pour communiquer avec les autres parapentistes sur la zone mais aussi avec Elisabeth qui est au sol et qui nous récupérera avec leur fourgon. Il a aussi un boîtier qui mesure la présence d’air chaud ascendant, ce qui permet de s’élever un peu plus haut. Il m’explique qu’on peut voler tant qu’on a cet air chaud (jusqu’à 612 kms de distance pour le record) mais en même temps, on ne sait jamais pour combien de temps précisément : le parapentiste est tributaire du climat, il doit composer avec les changements météos.

Nous ne monterons pas très haut, mais déjà le spectacle me ravit ! J’aperçois le clocher fortifié de Sainte-Croix, la sauveté-bastide de Villeneuve, le Lot et ses falaises, je devine la position de Figeac et à l’opposé de Saint-Cirq Lapopie.

Vient le moment de se poser. On quitte les falaises pour survoler le causse et ses champs pleins de bottes de paille ou de brebis, que nous allons essayer d’éviter : une expérience à la fois ! Je me passerais de faire un saute-mouton grandeur nature…

“Ce champs là, tu le vois ? C’est là qu’on se posera. C’est impressionnant car on va arriver vite, mais retiens juste une chose : tu te relèves de la sellette (le siège) et tu te tiens prête à courir” C’est noté.
En réalité, je n’ai même pas eu besoin de faire un pas. On s’est posé comme si nous venions de faire un petit saut sur place.

Elisabeth nous attend avec la navette pour nous ramener au point de départ où mes amis
attendent leur tour. Je suis enchantée, et eux le seront aussi !

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À propos de Clémence

Originaire des Pyrénées, je suis arrivée par hasard dans la région. J’ai trouvé en Bastides et Gorges de l’Aveyron une région sauvage et patrimoniale qui m’a fait rester. Pouvoir se balader à la fois dans des gorges resserrées qui me rappelle mes montagnes ou sur des causses aérés est ce que j’aime le plus ! Bien que la cuisine locale m’intéresse aussi, farçous, gâteaux à la broche, aligot : même une végétarienne trouve son bonheur… Chaque jour pour le travail je traverse les siècles au fil de mes visites guidées : on ne s'ennuie pas en Ouest Aveyron !

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